Résumé de la Journée à Drummondville, 25 novembre 2016

Le 25 novembre dernier avait lieu la journée Quand je ne veux pas, je dis non ! Une journée de sensibilisation visant à contrer la violence et les abus sexuels à l'égard des personnes vivant une déficience intellectuelle – principalement des femmes.

 

Inscrite dans le cadre de la Campagne des 12 jours d’action pour l’élimination des violences envers les femmes, cette initiative était des plus pertinentes. Une cinquantaine de personnes étaient au rendez-vous au centre communautaire Drummondville-Sud.

 

Mme Martine Tessier de La Rose des vents de Drummond, intervenante auprès des enfants des femmes victimes de violence conjugale ouvrait le bal en matinée en y donnant sa présentation. Suivi de M. Germain Couture de l’Institut universitaire en déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme, l’un des initiateurs du rapport de recherche Les agressions sexuelles subies par les personnes adultes présentant une déficience intellectuelle, présenté à l’Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, et dont les statistiques démontrées par ladite étude en lien avec la violence faite envers les personnes ayant une déficience intellectuelle, sont troublantes. M. Couture a fait un parallèle entre les agressions commises envers la population en général et celles faites envers les personnes présentant une déficience intellectuelle. Il a expliqué les particularités des agressions commises envers ces personnes. Quant à la troisième panéliste, Mme Carole Boucher, sexologue au CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec, elle a abordé l’intervention clinique dans les cas d’agressions sexuelles à l’endroit des adultes ayant une déficience intellectuelle. Elle a parlé d’un protocole d’intervention précis pour les personnes plus vulnérables, de la prévention à faire et qui est primordiale ainsi que du travail d’équipe des différents intervenants qui travaillent sur des cas de violences.

Un moment d’échanges entre le public et les panélistes ont permis par la suite, d’approfondir certains sujets.

En après-midi, trois ateliers ont été présentés en simultané : 

 

L’atelier A : Le consentement aux relations sexuelles, un atelier à l’intention des parents et des intervenants, donné par Mme Jocelyne Desjardins du CALACS La Passerelle.

 

L’atelier B : Le consentement aux relations sexuelles, atelier réservé aux personnes qui ont une déficience intellectuelle, donné par Mme Anabelle Caron du Centre de santé des femmes de Montréal.

 

L’atelier C : Le programme Éducation à la vie affective, amoureuse et sexuelle (ÉVAAS), un atelier réservé aux parents et aux intervenants, donné par Mme Carole Boucher du CIUSSS Maurice-Centre-du-Québec.

 

L’événement a été couronné par un partage sous forme de bilan, relevant plusieurs points importants soulevés durant la journée, dont : 

- Les personnes ayant une déficience intellectuelle et qui sont agressées en parlent, mais ne sont pas toujours écoutées ;

 - La recherche se penche sur le développement d’outils pour répertorier les conséquences de tels actes sur les personnes ;

 - Le protocole d’intervention repose sur 4 grands principes :

1. La victime au centre du protocole

2. Croire la personne d’emblée

3. L’importance du travailler en équipe 

4. Aller chercher de l’aide extérieure (police, DPJ, CVAC, CALACS…) ;

- Le témoignage (en cour) est accepté d’emblée ;

- Il est maintenant admis que les personnes ayant une déficience intellectuelle peuvent aussi avoir un stress post-traumatique ;

- Tous les CRDITED ont en leur possession, le programme ÉVAAS. De nombreuses écoles aussi ;

- On ne devrait jamais parler à des inconnus sur les réseaux sociaux ;

- La prévention par l’éducation est toujours gagnante ;

- On a le droit de dire NON à tout moment ;

- Si ce n’est pas OUI, c’est NON ;

- On est mieux de dire non si on n’est pas certain ;

- Si vous n’êtes pas crue, cognez à d’autres portes jusqu’à ce que vous trouviez quelqu’un qui vous croit

Nous tenons à remercier Mme Lucie Morin, M. Danny Lauzière, Mme Lise Gervais et Mme Hélène Morin. Un merci également aux bénévoles, aux panélistes et aux animateurs d’ateliers ainsi qu’au conseil d’administration et à l’équipe de l’AQIS. Merci aux organismes de Drummond qui se sont grandement impliqués.

Si chacun fait un geste de plus en prévention, tous ces gestes vont finir par faire une différence. Tout le monde repart plus riche.